Ballade au pays en écoutant Anouar Brahem…

Ville de sable, ville dans le sable,
ville de terre, ville de pierres,
ce n’est pas un mirage, ni une vision, encore moins une hallucination…
Voix murmurées,bredouillées.
Paroles tranquilles qui en disent long.
Une porte ouverte,
Elle ressemble à la porte du non retour,
pourtant sans cesse on y revient, liens intérieurs sans chaînes.
Porte ouverte,c’est la nuit qui se ferme.
Dans le ciel il n’y a pas d’horizon.
Les étoiles reviennent après chaque jour.
Rappels de lumière, qu’il n’y a rien de plus grand.
Elles ne disent rien.
C’est nous qui les faisons parler.
C’est nous qui posons les questions, avec ou sans réponses.
Un regard c’est un voyage dans le temps.
Instant étrange en regardant les cieux ou les temps se mélangent.
Tout est relatif, le temps ne s’arrête jamais.
Lueur qui voyage, combien de temps jusqu’à cet instant.
Celle qui part maintenant arrivera elle à temps ?
Mon regard sera t’il définitivement absent à l’issue de sa traversée céleste ?
L’étoile, elle, sera toujours là.
Moussa raconte « une étoile dans l’œil de mon frère ».
Moment de lumière, moment de rêves, moment de vies qui filent,
moment de rires, de sourires, de pleurs,
moment de nostalgie, moment ou je pense à ma mère.
On se sent tout petit dans le désert du monde, dans l’univers des hommes.
Le jour à peine se lève.
Entre deux obscurités, la clarté.
Prières sincères, je me désaltère dans la fraîcheur de l’amitié.
Le voyage à peine commencé, qu’il faut déjà partir.
Le vent de l’oubli n’effacent nos traces car le jour est infini et les mémoires profondes.
Le bonheur est un parfum.
Le bonheur c’est mille parfums.
Parfums d’enfance, parfums de romance, senteurs de brise, rencontres éprises.

Arrêtons nous un peu sur le bord du chemin pour apprécier la musique de l’existence, simplement nous restaurer en goutant les mets de l’instant.
Il y a eu tant de changements, que je ne sais plus vraiment voir et entendre.
Je me souviens assis au pied du caroubier à deux pas de fellous, la vieille fontaine.
Nous avions vu sur toute la vallée, les vallons mouchetés d’oliviers, la terre rouge entre les mamelons et les gorges, bien en formes. Nous effleurions et touchions cette grâce intime encore et encore de nos regards. Une beauté à ciel ouvert, pleine des secrets de nos vies, de nos destins, de notre histoire et de tous nos lendemains.
Bien loin de Tipasa, nous étions, nous aussi, à la noce, tous les soirs. Mais ce n’était pas la terre de Camus qui nous faisait frissonner, malgré toutes les sensations de ses évocations.
« El aamriw, el aamriw, thi thourar éthel aamriw », « ma vie oh ma vie, ces montagnes sont mon âme ».

Le monde nous appartient. A l’ombre de nos collines, sur les pierres de nos sentiers, dans les vieilles maisons effondrées, toute la mémoire de nos ancêtres invisibles murmure en silence.

Creuser mon sillon, je ne sais rien faire d’autre, même si mon soc est une plume.
Mon grand père était un homme de la terre, un paysan de chez nous, a fellah, un peu berger, un peu jardinier, un peu laboureur, conducteur de bœufs, un peu maçon aussi. Près de Thala Yiéslé, la fontaine du fiancé, trois rangées de grenadiers, veillent encore sur ses traces, sur cette communion pieuse entre l’homme et sa terre.

N’importe ou le vent du destin nous emmène, comme Djeha et son clou, nous revenons toujours à la source, tha darth thaaziz, village très cher. C’est toujours la même histoire, la même chanson.
La vitesse du temps n’a pas de limite. Le monde se traverse d’un geste, d’un clic.
Mais l’essentiel dans tout cela, ou se trouve t’il mes amis ?
C’est une question sincère, je vous assure. Je cherche les repères pour continuer à avancer avec vous et parmi vous. Quel que soit mon sort, qui n’est ni triste ni joyeux, je ne veux pas me perdre, m’égarer sur les sentiers factices. Je ne veux pas oublier les pères de nos pères, les mères de nos mères, ainsi que tous nos frères et sœurs. Je ne veux pas négliger nos enfants, ni demains incertains.
Je vous écoute. Je vous entends.
Je vous vois, je vous reconnais bien.
Nous sommes du même bois.
Nous sommes ensemble avec nos différences et sans indifférences.
Je crois bien que j’ai compris et je sais en quoi j’ai foi.
Je vous remercie et je vous salue bien

Rabah BELLILI

Parfum gitane Anouar Brahem

Astrakan Café…Anouar Brahem


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Publié par Samir

Administrateur du site et originaire de Leflaye. Vous pouvez me suivre sur mon blog Hchicha.net, sur mon Twitter ou sur mon Facebook .
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4 Reponses

  1. La belle musique est aussi un voyage, elle nous permet d’oublier un instant les tracas quotidiens.
    http://www.youtube.com/watch?v=zaojyU43mK4&feature=related
    Bon voyage !

    • La musique est un voyage extraordinaire en effet.

      On s’oublie dans les voix, dans toutes les émotions enfouies, jamais disparues.

      Elle nous permet de vivre et d’éveiller des passions qui font chanter et danser le quotidien.

      Dans la légereté que de profondeurs qui ont fait notre éducation et façonner notre sensibilité.

      « On est pas sérieux quand on a dix sept ans ». C’est surtout un autre âge dont il ne faut renier le génie .

      Et sur les écrans de nos mémoires nous nous souvenons de toutes les chansons, de toutes les comédies de toutes les chanteuses, de tous les chanteurs, de tous les rires et les pleurs.

      RB

      http://youtu.be/0PuAM1W0iVw Souad Massi
      http://youtu.be/LYPb-sOnNPg Janitou

  2. Raoui ( le conteur ) la premiere chanson que j’ai ecouté de Souad Massi , c’etait en 2001 au centre Beaubourg.
    http://www.youtube.com/watch?v=LQjYpWfk4-c

    • Un conte en amène un autre, et Souad Massi, mériterait un receuil de commentaires pour la grâce qu’elle nous offre à entrendre et à voir. En attendant retournons du côté de chez nous, nos frères du sud…

      Echo de Luth à Béchar…Foundou

      Le voyage continue,

      Il fait encore nuit

      Nous sommes assis en tailleur

      dans une barque invisible

      flotte sur ce monde de sable

      vent dans les palmiers

      pause aux orées

      ou est le crépuscule ?

      Pas loin de l’aube

      plainte ou pleures

      rien de tout cela

      nous marchons pieds nus

      sur le sable

      sur la terre

      brise légère

      souffles de paix

      c’est un cheval qui avance

      ce n’est pas le désert

      c’est tant de paysages

      tant de pensées

      tant d’amitiés

      le voyage continue

      je suis en Afrique

      je suis en Afrique

      je suis au pays

      je pense à mes amis

      je pense famille

      tourne tourne

      passe moments

      moments de désert

      instants de prière

      instant de rêverie

      instant du sud

      parfums d’orient

      parfums de contes

      parfums des iles

      soleil de nuit

      caresses et dorlote les cœurs,

      Soleil de nuit, chants du cœur.

      Voyage continue, je ne sais si c’est jour ou nuit,

      Merci frères de luth

      merci sœurs de chœur

      pour ces images de notes,

      pour ce séjour mélodie

      du côté de Béchar.

      encore, encore…

      Rabah BELLILI

      08/01/2012

      http://youtu.be/YTxRtqs4FWQ

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