Béjaïa : La profanation de cimetières continue

La désolation était immense au cimetière du village Izghad : soixante tombes ont été saccagées.

La désolation était immense au cimetière du village Izghad : soixante tombes ont été saccagées.

Les représentants du comité religieux du village ont déposé une plainte contre X auprès de la brigade de la gendarmerie nationale de Sidi Aïch . Pas moins de cinq cimetières ont été profanés dans la région.

Le cimetière du village Izghad, dans la commune d’El Flaye, à une cinquantaine de kilomètres de Béjaïa, a été complètement vandalisé durant la nuit du 4 au 5 août dernier.Tôt dans la matinée du vendredi, le jour habituel des recueillements sur les tombes,
des habitants ont été traumatisés de voir le cimetière au sens dessus dessous.
La désolation était immense en ce cinquième jour du mois du carême : soixante tombes ont été saccagées. Soit presque la totalité des tombes de ce petit cimetière, sis à l’extrémité de l’agglomération rurale. Seule une demi-douzaine d’autres, qui ne sont pas reconstruites en marbre, ont été épargnées.

Des signes appuyant l’hypothèse d’une entreprise fanatique. Les représentants du comité religieux du village ont déposé une plainte contre X auprès de la brigade de la gendarmerie nationale de Sidi Aïch.
Les brigadiers se sont dépêchés sur les lieux afin de constater les faits et y prendre des photographies pour les besoins de l’enquête, alors que les investigations sur les profanations des cimetières de Tighilt (Tibane) et de Remila (Sidi Aïch) demeurent en cours. Il est utile de rappeler que plusieurs cimetières de la vallée de la Soummam ont été les cibles de profanateurs islamistes à la fin de l’année 2010 et au début de l’année courante.

Pas moins de cinq cimetières ont été profanés dans la région. Celui de la ville de Sidi Aïch était le premier à attirer l’attention des autorités et des citoyens quand, pendant une nuit du mois de décembre dernier, 70 tombes se sont retrouvées sans les plaques épitaphes en marbre.Les services de la sûreté de daïra ont ouvert une enquête mais ceci n’a pas empêché les profanateurs de récidiver une quinzaine de jours plus tard en saccageant 172 tombes dans le même cimetière.
Entre ces deux attaques, le même scénario s’est reproduit au cimetière du nom de Sidi Belkacem de Remila, à 5 kilomètres de Sidi Aïch, où 53 tombes ont été vandalisées.

Le cimetière de Tighilt, à Tibane, suivra dix jours après, en faisant l’objet de deux agressions, à savoir d’une profanation et d’un incendie. A priori, les auteurs de ces actes abominables essayent, par leur geste, d’interdire la reconstruction des tombes avec les matériaux modernes, considérant ces pratiques impies. Toutes ces profanations ont plongé les populations locales dans la consternation.
A Izghad, c’était l’incompréhension absolue. Les habitants venaient dans le cimetière par petits groupes dès qu’ils ont entendu la terrible nouvelle qui s’est répandue comme une traînée de poudre. Tout un chacun s’est dirigé vers les tombes de ses proches, vérifier les dégâts. «Comment des gens peuvent-ils commettre des actes aussi horrible ?» s’interroge un citoyen, visiblement abattu.

Ithri Belatèche
EL WATAN 08 08 2011


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Publié par Samir

Administrateur du site et originaire de Leflaye. Vous pouvez me suivre sur mon blog Hchicha.net, sur mon Twitter ou sur mon Facebook .
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2 Reponses

  1. Moment et lieu de mémoire…

    La nature humaine est parfois étrange. La vie est un long chemin, m’a dit un jour Da El Hadj El Mouloud, (d’ath yimmel) homme pieux et sage que je retrouve parfois dans ma mémoire.
    Il m’a dit bien d’autres choses dont je ne me souviens pas. Il m’a dit bien d’autre choses sans un mot et sans intention, lui qui parlait si peu. Il m’a dit bien des choses que je retrouve en moi quand je revois ces quelques jours du temps de l’innocence et de la maturité naissante. Je me souviens, il n’avait pas besoin de demander, comme par magie, chacun trouvait sa place, chacun trouvait sa tâche.

    La vie est faite de rencontres qui façonnent le quotidien et qui tracent les destins. On se grandit dans ces rencontres, avec ces compagnons de voyages, que l’on ne choisit pas toujours.
    Sur ce chemin, je n’ai jamais eu de boussole. D’ailleurs je ne ne sais pas m’en servir. Je ne sais pas lire dans les étoiles non plus, mais j’ai appris à les regarder sans préjugés. Et comme le disait si bien Da Lakehal, autre homme plein de sagesse et de simplicité, que Dieu ait son âme  » je parle français, j’ai été à l’école moi ». Je me souviens aussi de ses paroles imagés, directes et expressives, car il disait les choses sans détours et sans malices. Ce n’était pas de la rhétorique, mais sa paroles avait forme, sincérité et personnalité. Je garde en lui une admiration et un respect toujours vivants. Sa parole était si franche et si solide, lui qui ne calculait pas, et ne s’abritait pas derrière les convenances et les faux semblants. C’était réjouissant à voir et à revoir en soi maintenant. Il savait reconnaître les siens et les autres et il avait le regard juste. Il savait reconnaître un âne, même s’il sortait de la mosquée, ou de l’université le Livre à la main.. Il lui disait face à lui,  » tu es un âne ». Il voyait et il disait juste.
    Da Lakehal, ce n’était pas un intellectuel, mais ses traces et son œuvre sont encore présentes dans les villes et les villages. Lui qui était ferrailleur connaissait la matière, le fer et la pierre, le ciment et l’eau, ses frères et son village, son pays, sa famille.
    C’était un vrai plaisir à entendre et je goûte encore la subtilité de ses propos.

    Quand je vais au cimetière. Ce ne sont pas les tombes que je vois. Qu’importe la forme, en dur ou en terre.
    Je retrouve cette intimité profonde avec les êtres chers. Ils sont dans l’au delà, au plus profond de moi. Emotions et sentiments indicibles, personnels et si intimes, un lien qui fait du bien.
    Avec ou sans paroles, j’ai l’impression de dire sans le dire. Pères, Mères, frères, soeurs, cousins, cousines, voisins voisines je suis là. Je suis avec vous. Je vous vois, je vous entends, je vous sens.
    Que ce silence est beau, et cette paix si délicieuse. Vous savez que je vous aime. Je vous l’ai dit vivant à ma manière et à la votre. Vous comprenez sans aucun doute.

    « La vie est un long chemin », et la nature humaine est parfois si étrange. Certain sur le chemin ont perdu les sens, et aujourd’hui est une drôle d’époque.
    Ce n’est pas un lieu commun, juste un soupir, un questionnement d’incompréhension. Comment redonner la vue à l’aveugle qui a pourtant des yeux si parfaits, et pourtant ne voit pas plus loin que le bout de son prè. Comment redonner l’écoute, à celui qui n’entend que lui même. Comment apprendre la vie, à celui qui agresse mêmes les morts. Comment apprendre le respect à celui qui ne se respecte pas soi même.
    A chacun sa réponse, a chacune ses réponses. Pour ma part je regarde vers le passé, je pense encore à Da Lakehal, qui jamais ne médisait. Il disait toujours à la face (agh outhem) comme on dit chez nous. Cela ne plaisait pas et il le payait très cher. Pourtant il était grand dans sa simplicité. Il était tolérant, sa parole parcimonieuse et pourtant généreuse et honnête. Il était et il est vraiment quelqu’un car il ne se prenait que pour lui même. Une phrase de lui résonne encore en moi à propos d’un proche qui lui avait fait du tort et de l’injustice (el batle). Il avait dit simplement « Ila Rebi ».

    Je ne jugerai, ni ne qualifierai ceux qui ont cru briser des tombes.
    D’ailleurs, ils n’ont brisé qu’eux mêmes, enfermés dans leur folie qui les rends insensibles à la vie, à la foi, aux passions, aux autres, à leur proches, et à eux mêmes.
    Ils ont perdu l’essence de l’existence qui est d’honorer et de respecter la vie et le vivant , au delà de la vie et de la mort, au delà des idées et des perceptions.

    Et au bout de ce chemin, au bout cette page, je n’ai pas de conclusion, ni de solution. Est ce bien utile d’ailleurs ? Il me suffit d’avoir vécu et partagé avec vous cet instant, présent vivant de ceux qui sont partis et je vous en remercie.

    Rabah BELLILI

  2. BEJAÏA
    Plus de 150 tombes profanées à Souk Oufella.
    Samedi 13 Aout 2011 – Journal l’Expression.

    Plus de 150 tombes ont fait objet de destruction au cimetière Alkim du village Tiliwakadhi, dans la commune de Souk Oufella, daïra de Sidi Aïch. Hier, la population était sous le choc. Le comité du village qui s’occupe de la gestion et de l’entretien du cimetière a déposé plainte contre X.

    «C’est un acte criminel. J’espère que les auteurs de ces agissements seront arrêtés et punis», a-t-on déclaré. Une enquête a été ouverte par la Gendarmerie nationale

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