Béjaïa : les familles touchées par le séisme exigent une prise en charge

La nuit du jeudi 29 novembre dernier a été une nuit de frayeur sans précédent pour les habitants de la ville de Béjaia touchée par un séisme de magnitude 5,1.

Beaucoup plus de peur que de mal se consolent certains mais les habitants des vieux quartiers de la ville de Béjaia, visiblement les plus touchés par le séisme ont échappé à une catastrophe certaine à cause de la vétusté de leurs habitations. Les habitants de la rue du Vieillard, du quartier «Les Bâtiments», de Bab El Fouka ou encore de la cité Karamane où la plus part des immeubles datent de l’époque coloniale, vivent toujours avec la peur de voir leurs habitations s’effondrer. «Le jour du séisme nous nous sommes enfui de chez nous pour nous réfugier dehors, certains dans leurs voitures et d’autres à la mosquée. C’était la panique générale», raconte cet habitant du plateau Amimoun, appelé aussi «Les Bâtiments».

Les répliques du séisme ont aussi secoué plusieurs autres quartiers avoisinants à l’instar de la cité Karamane, comme en témoigne ce jeune couple : «Les murs de ma maison sont complètement fissurés. Ma famille a eu la peur de sa vie, craignant que le toit et les murs allaient s’abattre sur nous. Nous avons fuit en dehors de la maison», raconte Aziz Khima, qui vit avec sa femme et son fils dans un appartement du rez-de-chaussée de l’un des immeubles. Cette fois ils lui ont échappé belle mais le choc subi durant cette nuit de frayeur va les poursuivre encore durant des jours et des semaines : «Nous avons tous eu un choc psychologique avec ses séquelles. Ma famille ne voulait plus y retourner mais nous n’avons pas où aller. Qui a le courage d’habiter ici ? Ces maisons ne tiendront pas longtemps», ajoute-t-il en montrant du doigt les façades dégradées et fissurées par endroits.

Les résidents de ces vieux quartiers ont aujourd’hui tous les mêmes doléances : faire une étude sérieuse sur le vieux bâti dans les quartiers anciens et procéder au relogement des habitants les plus touchés. La venue de la ministre de la Solidarité, Souad Bendjaballah, au lendemain du séisme à l’ancienne ville de Béjaia n’a laissé personne indifférent. Si certains ont exprimé leur remerciements de la voir se déplacer pour exprimer sa solidarité aux populations touchées par le séisme, d’autres ont fustigé la représentante du gouvernement en l’accusant de faire du tape-à-l’œil sur le dos des sinistrés de Yemma Gouraya : «Cette visite n’est que de la poudre aux yeux. Nous en avons assez des promesses non tenues du gouvernement. Ou sont passées les promesses du ministre de l’Habitat qui s’est déplacé ici l’année passée ?», a lancé un habitant de l’ancienne vile.

De son coté, la cellule de communication de la wilaya de Béjaia a assuré qu’une commission composée d’experts va incessamment faire des déplacements sur le terrain pour recenser les sinistrés et prendre les mesures nécessaires.

T. Illoulen
El Watan 11 12 2012


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Publié par Samir

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