Béjaïa : Quatre fermetures de route et une déviation tragique

voitures_1995496_465x348Béjaïa était isolée hier. Pour les conducteurs, l’accès était impossible. Les habitants de différentes localités ont fermé les issues qui mènent de et vers cette ville.

La route a été encore une fois fermée à la circulation hier, au niveau de trois points sur la RN26 et la RN9, isolant injustement Béjaïa du reste du pays. L’impossibilité d’accéder à la ville de Béjaïa ou d’en sortir a suscité la colère des automobilistes coincés sur les routes.
La circulation automobile a été fermée au niveau d’Ibourassen, moins de 10 km à l’est de la ville de Béjaïa, par des habitants du village de Tagma qui réclament l’électricité. Pour donner de l’éclat à leur action de rue, les protestataires ont choisi ce point stratégique de la RN26 où un pont est fortement utilisé par les automobilistes se dirigeant vers l’Est et les wilayas de Jijel et Sétif en évitant le passage encombré du carrefour au centre-ville de Béjaïa. Impossible d’aller plus loin.

Les automobilistes qui ont voulu emprunter le détour via Amizour, où des citoyens ont fermé le siège de l’APC, ont buté sur un autre obstacle au niveau d’Iryahen. Des habitants de Tala Hamza ont fermé la route pour réclamer l’électricité, l’assainissement et l’aménagement des routes.
C’est l’impasse aussi pour les automobilistes venant de l’est du pays en empruntant la RN9, coupée pendant la même journée au niveau du tunnel d’Aokas. Des habitants du village Tidelsin ont fermé cet axe pour protester contre un projet de conduite de gaz, devant alimenter plus de 5000 foyers, dont ils contestent le tracé.
Une vingtaine de kilomètres plus loin, la même route est fermée par des habitants du lotissement au niveau du PK10 réclamant, eux aussi, l’électricité, l’eau potable et un réseau d’assainissement.

Pris comme dans un piège posé par des concitoyens, des automobilistes, impuissants, ont tenté d’emprunter des détours parfois incertains. Celui dans lequel se sont engagés deux automobilistes, hier vers 13h, du côté des monts de Tizi n’Berber, leur a été fatal. Un homme de 66 ans et son fils de 33 ans sont morts sur le coup après que leur véhicule, une Dacia Logan, ait fini dans un ravin, au niveau du village Tisserghine. Il a fallu à la Protection civile plus de deux heures pour extirper leurs corps sans vie de ce qui restait de la voiture. Il n’est pas exclu que les deux victimes, originaires de Blida, aient tenté de contourner la route fermée au niveau d’Aokas. Qui est responsable de la mort des deux Blidéens ? Ce tragique accident s’ajoute à l’exacerbation et au ras-le-bol qui tiennent à la gorge la population locale. «Ça suffit ! C’en est vraiment trop. Que les gens se réveillent pour comprendre une bonne fois pour toutes qu’en fermant les routes, ils sont en train de punir leurs concitoyens. C’est de la hogra pure !» fulmine un automobiliste, hors de lui, qui a contacté la rédaction.

Hier, des centaines d’étudiants ont raté leurs examens parce qu’empêchés de rejoindre le campus d’Aboudaou. Des milliers de travailleurs n’ont pas pu, pour la énième fois, user de leur droit de circuler.
Des voix se font de plus en plus nombreuses pour dénoncer à la fois ces fermetures de routes systématiques, inappropriées et anarchiques et la démission des pouvoirs publics qui abandonnent la population à son triste sort.

Kamel Medjdoub

El Watan 27 01 2014


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Publié par Samir

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