Belle famille… Mon beau frère Mustapha

lutheUn week-end éprouvant aux chevets de mon beau frère hospitalisé à Lyon.
Eprouvant moralement par l’attitude de celle qui fait son deuil alors qu’il est encore vivant.
Que faire, que dire devant l’absurdité.
Contenir sa peine et retenir ses mots pour apaiser les maux.
Comme Mohamed Ali, il avait la prestance, le verbe et le panache
La même maladie le ronge depuis deux décennies.
Son histoire comme bien d’autres de sa génération,
à peine la guerre finie, à la sortie de l’adolescence, le chemin de l’exil, le chemin de la France pour faire subsister les siens et les survivants.
L’ainé de la fratrie disparu au maquis, le cadet prend sa place, sa couche et ses fardeaux.
Mais jamais on ne remplace un être disparu.
On essaye de combler tant bien que mal l’absence.
On s’oublie ainsi, on se sacrifie,
d’une absence une autre absence, jusqu’à sa propre vie.
Ses joies, ses peines au bout de ses doigts, un luth ou une mandole, fait pleurer, chanter ou charmer son destin.
Mon beau frère, aussi longtemps qu’il s’inscrit dans mon souvenir,
une élégance naturelle dans la parole et dans le geste.
Quand je te vois allonger dans cette chambre de soin, c’est cet homme si élégant et plaisant que je vois et non ce moribond.
Mon beau frère, mon frère, mon ami… avec toi hier comme aujourd’hui.
avec tes parents, amis d’ici et de là bas, nous t’aimons et te tenons la main, pour marcher encore et encore sur les chemins de la vie.

Rabah BELLILI
 » A mon frère Mustapha »
Le dimanche 09 novembre 2016


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Publié par Samir

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2 Reponses

  1. Rabah encore une fois l’émotion me gagne en lisant cette lettre de NON-oubli car cette douleur nous l’avons aussi ressenti nous aussi près de lui dans cette chambre qui était si chaude malgré la froideur du lieu un sentiment de fournaise mais je me suis rendu compte que ce n’était que les larmes qui me brûlaient de le voir ainsi … tant de pensées d’images et surtout d’imaginer la douleur de celle qui l’a réellement accompagnée dans son dernier souffle le courage d’une sœur d’une amie d’une confidente celle qui n’à pas eu le temps d’aimé a toi coco je dédie ce message en mémoire d’un homme que j’ai peu connu mais qui est resté dans ma mémoire.

  2. Je prends connaissance à l’instant de ton commentaire. Je t’entends clairement. Chaque mot; Ou plutôt en réalité, je les sens. Je te sens comme je sens tes qualités humaines, les tiennes et celles des tiens. Votre déplacement à Lyon, toi et Mahmoud pour le voir nous a beaucoup touché Nous vous en sommes reconnaissants. C’est si réconfortant et si bon d’avoir des gens biens auprès et autour de soi. Je t’en remercie chaleureusement.
    Je n’en rajouterai pas sur la double peine de toute cette vanité et souffrance qui continuent cruellement après son départ. Enfin je n’en rajouterai pas, juste un rappel pour la forme: De son vivant il avait toute sa conscience et son intelligence malgré sa terrible maladie qui l’empêchait de se mouvoir et de parler, de se défendre contre les maltraitances et les tortures (morales ) qu’il subissait. Maintenant qu’il est parti, son tortionnaire et bourreau a beau jeu de jouer la victime éplorée et inconsolable en pétant dans la soie avec des comptes bien garnis. Je n’en dirai pas plus ni ne citerai cette sinistre personne. Avec toute notre affection et amitié. Bien à toi. Bien à vous.

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