Entretien avec Allaoua Chelbi, Expert international en élection

Allaoua Chelbi a effectué plusieurs missions pour l’Institut National Démocratique, pour les Affaires Internationales (NDI), la Commission Européenne et les Nations Unies.

Dans le cadre de ses fonctions, il a servi et effectué des missions dans plusieurs pays tels que : République Démocratique du Congo, Iraq, Niger, Mauritanie, Maroc, Egypte, Monténégro, Jordanie…, et tout récemment la Tunisie. Il intervient particulièrement dans le cadre du renforcement des capacités de la société civile, l’administration électorale et les partis politiques. Il a fait partie des missions internationales d’observation des élections et former des centaines d’observateurs nationaux. Actuellement, il est Directeur du Programme de la Société civile & Election NDI –Tunisie.

Titulaire du diplôme d’Université en Administration des Elections au Centre d’Etudes Comparatives des Elections à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne et du diplôme d’études approfondies (DEA) en histoire contemporaine des relations internationales à l’Université Paris-Sorbonne ; il a bien voulu répondre à nos questions.

Entretien

– Vous êtes Expert international en élection. En quoi consiste votre mission concrètement ?

Allaoua Chelbi : Ma mission est de travailler avec les organisations de la société civile et à mobiliser les citoyens pour observer le processus électoral. Former les délégués des partis politiques qui suivront le déroulement des opérations des votes. La différence entre les deux est que la société civile doit être neutre et indépendante, par contre les partis politiques défendent leurs candidats et leurs listes dans les bureaux de vote. L’objectif étant de garantir la transparence et l’honnêteté du scrutin. Il faut ajouter que l’observation internationale des élections peut jouer un rôle prépondérant dans la crédibilité des élections.

– Vous est-il arrivé de déceler des anomalies ? Comment y remédiez-vous ?

A.C : La société civile ne doit pas intervenir dans le processus, en revanche elle peut dénoncer, le cas échant, des anomalies dans son rapport qui sera publié pendant les conférences de presse qui suit la tenue des élections. Pareillement pour les partis politiques qui mentionneront les anomalies constatées, dans les procès verbaux et au besoin formuler des recours.

– Vous tenez des conférences de presse pour rendre compte de votre observation. L’administration en charge des élections, tient-elle sérieusement compte de vos observations ?

A.C : Evidemment, les observateurs doivent annoncer publiquement leur observation et publier leur rapport. L’administration chargée de l’élection doit tenir compte de nos recommandations pour améliorer le processus. Dénoncer d’éventuelles fraudes devant l’opinion nationale et internationale est suffisant pour amener les autorités électorales à accepter le rapport d’observation.

– Vous êtes directeur du programme. Qui et/ou que dirigez-vous exactement ?

A.C : Mon travail consiste à apporter conseil et soutien technique aux organisations de la société civile, renforcer leurs capacités organisationnelles et au besoin, leur apporter une aide financière. A travers ce travail, nous visons à impliquer les citoyens dans la vie publique. La participation citoyenne est vitale pour la démocratie.

– Le siège de votre organisation est basé à Washington. Faites-vous un rapport à vos supérieurs ?

A.C : Tout à fait ! Le siège est à Washington et nous avons soixante-dix bureaux à travers le monde. Nous sommes une organisation non-gouvernementale à but non lucratif.

– Vous avez eu à intervenir dans plusieurs pays. Y’en un a-t-il qui vous a marqué en particulier ?

A.C : Chaque pays est différent. Je pense que l’expérience Tunisienne est unique. Une première élection libre après quelques mois de la révolution du 14 janvier. L’élection s’est déroulée sans aucun incident. Tous les observateurs ont souligné le caractère démocratique du scrutin. J’ai, moi-même, beaucoup appris chez nos amis Tunisiens. J’étais impressionné par la mobilisation citoyenne et le rôle de la jeunesse dans le processus.

– Allaoua Chelbi, vous êtes également formateur des observateurs nationaux. C’est une lourde responsabilité…

A.C : J’ai effectué des missions d’observation pour les Nations Unies mais aussi formé des centaines d’observateurs nationaux à travers le monde. Ce n’est pas toujours facile car il faut non seulement assimiler la technique d’observation mais aussi comprendre la loi électorale, toutes les procédures et leur volet juridique.

– Washington vous donne-t-il carte blanche ou vous fixe-t-il une feuille de route ?

A.C : Ne cultivons pas l’amalgame, si vous permettez ! (Sourire) Nous sommes une organisation non gouvernementale, je l’ai déjà souligné, me semble-t-il. Nous concevons nous-mêmes nos agendas et nos programmes. Certes, notre organisation est plus proche des Démocrates car nous partageons les principes démocratiques et croyons à la promotion de la démocratie et les libertés démocratiques dans le monde mais nous restons indépendants de l’administration Américaine.

– Vous êtes tout le temps entre deux avions. Qu’est-ce que cela vous fait, d’avoir fait le tour du monde ?

A.C : (éclat de rires) En effet, j’ai beaucoup voyagé en Afrique, au Moyen-Orient, en Europe, en Amérique et naturellement les USA. Mais, car il y a un « mais »…! Je n’y vais pas en vacances. Il m’arrive de travailler dix-huit heures par jour. Aider et soutenir la démocratie est un beau métier, je pense.

– Etes-vous optimiste pour l’Algérie ?

A.C : Il y a un vent de démocratisation qui souffle sur le monde arabe et l’Algérie sera touchée un jour ou l’autre mais ceci doit émaner de l’Algérie et de la bonne volonté des Algériens. Les expériences des autres peuvent profiter à l’Algérie d’une manière pacifique.

Propos recueillis

par Tahar Taïbi


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Publié par Samir

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6 Reponses

  1. Missions très difficiles, je vous souhaite bon courage et bonne chance.

  2. je suis fier de toi a khali aloua

  3. cher, Allaoua,
    vous avez de la chance, de vous consacrez tout au long de votre carrier,a de noble mission , a savoir l’éducation ici chez vous en Algérie,et maintenant
    vous vous consacrez a des missions humanitaires ,y il mieux dans la vie d’un homme? pour l’instant je ne vois pas,vous me diriez toutes les actions que peut mené un homme sont bonnes ,je ne dirai pas non encore une fois
    sachez cher allaoua que votre mission nous honores autant que fils du village d-el flaye et bien sur la région de la Kabylie en générale et l’Algérie en particulier.je vous souhaite bonne continuation.

  4. j’apprécie beaucoup votre job, c’est vrai vous n’êtes pas arrivés là facilement , mais comme vous l’avez dit , aider et soutenir la démocratie c’est un beau métier. Mes félicitations pour ce que vous faites. Acceptez mon commentaire malgré qu’il est paru tardivement par rapport à la page que je viens de découvrir. Bon Courage fils d’El-Flaye.

  5. Ffegh ar berra timghured!

  6. c’est une mission difficile et très intéressante ^_^ bon courage allaoua 🙂

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