Les localités se soulèvent à Béjaia

C’est un vrai remake des tragiques événements du printemps noir qui n’ont pas encore bouclé leur dixième anniversaire. Hier, un autre grand centre urbain de la vallée de la Soummam, après Tazmalt, Akbou et Ighzer Amokrane, s’est transformé en champs d’émeutes.

Sidi Aïch s’est ainsi embrasé à son tour pour être livré en fin de matinée à un face-à-face enfiévré entre des manifestants en colère qui ont dressé des barricades sur la RN26 à la sortie sud de la ville, et des unités antiémeute qui ont usé de bombes lacrymogènes. La veille, la ville a vécu une nuit particulièrement mouvementée. Des manifestants ont mis le feu, vers 20h, à l’agence Sonelgaz, qui vient tout juste d’être rénovée, au quartier de Timezghra. Un des véhicules de service a été calciné à la place des Trois horloges. Une dizaine d’autres ont mis le feu dans le parc. La foule en furie a pris comme cible la sûreté de daïra qu’elle a attaquée avec des pierres.
L’Actel, la Poste et l’ADE ont subi de grands dégâts. Voyant venir le danger, certains fonctionnaires des services de l’administration publique se sont précipités pour évacuer leurs matériels vers des lieux sûrs. Ceux de l’Algérienne des eaux n’ont pas pu sauver leurs meubles, comme à Akbou où les émeutes semblent avoir provoqué les plus importants dégâts. Les Akbouciens se sont réveillés hier dans une ville aux édifices publics calcinés. A Tazmalt, 20 km au sud d’Akbou, le bilan n’est pas moins sérieux. Tout ce qui symbolise l’Etat est bon à être attaqué. Comme ailleurs, Sonelgaz demeure la cible privilégiée des émeutiers. Et pas seulement.

Le tribunal a été saccagé, un camion à ordures n’a pas non plus échappé tout comme deux véhicules, dont un fourgon, du parc communal.
Le siège de la daïra, réduit en cendres lors des événements du printemps de 2001, a failli connaître de nouveau le même sort. Les manifestants l’ont pris pour cible comme le siège des contributions. L’on tentera même des incursions dans le siège d’une agence des assurances. Dans la ville d’Ighzer Amokane, les affrontements, qui ont éclaté la veille entre manifestants et policiers, ont repris de plus belle dans la matinée d’hier. Les alentours du siège de l’APC et celui de la sûreté de daïra ont été transformés en un vrai champ de bataille. Une source hospitalière parle de plus d’une dizaine de blessés légers parmi les policiers évacués vers l’hôpital de Sidi Aïch. Un autre policier a été blessé à Kherrata dans la nuit de jeudi à vendredi qui n’a pas été moins chaude.
La RN9, qui a été fermée à la circulation par quelque 300 jeunes manifestants au niveau de Baccaro, dans la ville de Tichy, a été barricadée avant que n’éclate l’émeute. Premières cibles, premiers dégâts : la salle des fêtes et Sonelgaz. L’APC a vu sa salle de réunions saccagée et son parc roulant brûlé. La brigade de la gendarmerie a été assiégée. Devant le portail de celle de Souk El Tenine, un pneu a été brûlé.

Les Impôts, eux, ont été dévastés.

Vers 14h, la protestation s’est propagée dans les quartiers de la ville de Béjaïa. A Ihhaddadden, Aâmriw, rue de la Liberté, pour ne citer que ceux-là, les rues sont jonchées de pneus et de bennes à ordures brûlés, des mobiphones d’Algérie Telecom arrachés avec leurs socles, de plaques de signalisation, de débris d’abribus. Au centre-ville le siège de banque BNP-Paris-Bas et l’agence Mobilis ont été entièrement saccagés et pillés. Au niveau du siège de la wilaya, des policiers sont sortis pour affronter les manifestants armés de pierres. L’air est empesté de gaz lacrymogène au moment où nous mettons sous presse.
A Oued Ghir, les premiers objets hétéroclites sont jetés sur la voie publique, à deux pas du siège de l’unité républicaine qui abrite des éléments des CNS, dont des renforts sont prêts à investir la rue. Quelques camions chargés d’unités antiémeute ont pris la direction de la vallée hier et avant-hier. Les prochaines heures s’annoncent, vraisemblablement, chaudes.
Logements squattés :

Les logements sociaux achevés et en attente de livraison ont été squattés, à Akbou, dans le sillage des événements qui se sont déroulés hier et avant-hier. D’après une source locale, tous les logements – quelque 500 unités sociales – réalisés sur les sites de l’ex-caserne et de Tiharkatine, ont été occupés par des citoyens qui ont trouvé dans la situation de troubles de ces derniers jours l’occasion propice de passer à l’action.

Le même phénomène s’était produit lors des événements du printemps noir de 2001. Pour libérer les logements squattés, les autorités ont dû recourir à la force publique. Jusqu’à avant-hier, 30 unités étaient encore squattées.

Kamel Medjdoub
http://www.elwatan.com
08 01 2011

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Publié par Samir

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2 Reponses

  1. les dirigeants de ce pays sont des criminels

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