MASSACRE AU BULLDOZZER DANS LE BASSIN AGRICOLE ELKSEUR, AMIZOUR ET IL MATEN.. Quel avenir pour notre Wilaya ?

Foncier agricole : Les terres arables sacrifiées

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Par Abdenour AGSOUS

La SAU est déjà limitée et elle est consommée pour les routes, les usines, l’habitat, alors que la population est en train de croître. L’Algérie est très vaste, mais il n’y a que 8 millions d’hectares qui sont consacrés à l’agriculture et seule une petite partie a un grand potentiel.

Le mois de juillet dernier, le Conseil des ministres avait annoncé l’affectation de pas moins de 9.974 hectares, répartis à travers 22 wilayas, pour la construction de près de 550.000 logements publics.
L’on évoque donc l’utilité publique et les extensions urbaines pour justifier cette politique de bétonnage de terres arables.

Pourtant, l’Etat avait laissé croire qu’il allait sévir contre les propriétaires des terres agricoles exploitées à d’autres fins. La loi sur l’orientation agricole prévoit des sanctions sévères contre toute personne qui utilise une terre fertile à d’autres fins que l’activité agricole. Les auteurs de ces pratiques sont passibles de cinq ans de prison ferme et d’une amende allant de 100.000 à 500.000 DA, selon l’article 87 de ce texte réglementaire. Cette disposition vient en appoint à l’article 15 de la même loi qui interdit toute utilisation autre qu’agricole d’une assiette foncière répertoriée comme étant une terre agricole. Le renforcement de l’arsenal juridique a pour finalité de protéger le foncier agricole, mais qu’en est-il lorsque c’est l’Etat lui-même qui s’adonne à la distraction de terres cultivables ?

Lors de cette présentation de cette loi, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Rachid Benaïssa, avait lui-même signalé que la surface agricole était répartie à raison de 0,75 ha par habitant à l’indépendance alors qu’elle n’est que de 0,25 ha actuellement. Il avait rappelé que la surface à potentiel agricole est de 47 millions d’hectares, mais seuls 8,5 millions d’hectares peuvent faire l’objet d’une exploitation intensive. Les deux tiers des exploitations agricoles qui dépassent le million sont d’une superficie de moins de 10 ha, avait-il précisé. Ce constat aurait dû pousser le gouvernement à œuvrer pour la préservation de ces terres.

les terres agricoles sont une ressource non- renouvelable. D’ailleurs, la surface agricole se réduit en Algérie comme peau de chagrin.

Les responsables en charge du dossier soutiennent qu’il s’agit d’un mal nécessaire.

Diminuer ou supprimer ces ceintures maraîchères des villes entraînera en toute logique une hausse des prix de ces produits du fait qu’on ira les chercher plus loin.

Le déclassement (ou l’expropriation) pour cause d’utilité publique s’avère nécessaire quand toutes les possibilités pour l’éviter à un coût raisonnable (pour la nation) ont été explorées. Par exemple, construire une école peut nécessiter le déclassement d’une terre agricole (donc, «diminuer» la sécurité alimentaire) quant il n’y a vraiment aucune autre possibilité. Malheureusement, dans notre pays, ce n’est pas le cas : très souvent, on déclasse pour faire des constructions horizontales, gaspilleuses d’espace, au lieu de faire des constructions en hauteur (verticales) à faible emprise sur le sol.

Le gaspillage du foncier agricole – qui perdure – n’est pas dû au manque de lois et de règlements. Il est dû au fait que les lois et les règlements sont ignorés par beaucoup de ceux-la mêmes qui sont chargés de les faire respecter.

Par Abdenour AGSOUS


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Publié par Samir

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2 Reponses

  1. En France, l’équivalent d’un département disparait tous les sept ans , absorbé par l’urbanisme.
    En Chine, une bonne partie des arables est grignotée par le béton sans oublier les terres poluées par les métaux lourds ( mercure-plomb ) et les angrais chimiques .
    En vingt ans, la Chine perdu 8.2 millions d’hectares de terre, recouvertes par des centres commerciaux, des zones industrielles, des routes et immeubles.
    Pour nourrir sa population, qui représente pas loin du quart de la population mondiale, la Chine loue des terres en ; Zambie, Zimbabwé, Ouganda, Tanzanie, Laos etc ……

  2. Non ce n’est pas un mal nécessaire que de construire sur les terres fertiles.

    Il y a assez d’espace sur les piedmonts des montagnes , voir les hauts plateaux pour y construire des nouvelles villes et les extensions.

    Le meilleur exemple vient de l’algerie justement , voir les villages kabyles hérités de nos ancêtres agglutinés sur flanc de montagne quand bien même il n’avait pas les moyens matériels d’aujourd’hui ils nous ont su préserver cette ressource rare qu’est la terre fertile , et les merveilleuses demeures qui s’y construise encore aujourd’hui ,

    Messieurs les députés , les gouvernants réagissez à cela .

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