Sidi Aïch : Quand la mendicité s’érige en profession

L’heure des rues de Sidi Aïch se fait mendiante, tant le fléau de la mendicité gagne chaque jour les espaces de la cité. En effet, dès l’aube, ces mendigots dégingandés squattent des pans de trottoirs, des culs-de-sac, passerelles et autres venelles, tendant la sébile. Vêtus souvent de nippes et de loques, ils implorent d’un regard innocent la compassion et la générosité des passants pour une hypothétique obole.

La mine affectée, certaines opèrent de manière «professionnelle», débitant à loisir une litanie de prières et présentant un attirail de subterfuges pour apitoyer les passants sur leur condition de mouises : bébés emmitouflés douillettement, ordonnances jaunies par la patine du temps…sont, entre autres, les moyens utilisés pour soutirer le sou à ceux qu’ils pensent être en goguette. «Je suis une malade chronique et orpheline de père. Ma mère se débrouille comme elle peut pour assurer le strict minimum à ses 4 enfants. Mais devant la cherté de la vie, je suis contrainte de mendier, ne serait-ce que pour acheter mes médicaments», raconte une jeune fille nubile, une ordonnance épinglée sur le giron. «L’espoir est permis tant qu’il y aura des croyants», glapit une autre mendiante, flanquée de sa marmaille.

Pourtant, si la mendicité est bien souvent la résultante de l’indigence croissante qui frappe des pans entiers de la société, beaucoup parmi les citoyens que ce raffut laisse de marbre, n’hésitent aucunement à parler de «marché de dupe». «La plupart de ces mendiants n’ont, à vrai dire, de mendiants que le nom, car ils ne sont pas plus pauvres que toi et moi. Leur seul mobile, c’est la quête d’argent, argent facile s’entend», nous dit un jeune commerçant, installé dans le quartier de Timzeghra. Abondant dans le même sens, un autre citoyen de Sidi Aïch croit dur comme fer à l’existence d’un réseau organisé de mendigots. Il en veut pour preuve, la prééminence de la mendicité sélective, qui consiste à n’accepter que des dons en monnaies sonnantes et trébuchantes. «Un vrai nécessiteux ne refuse jamais un don, de quelque nature qu’il soit», dispose-t-il.

Par N. Maouche 17 Novembre 2011


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Publié par Samir

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