Jeter l’ancre et s’allonger sur la couchette… Par Rabah Bellili

Jeter l’ancre et s’allonger sur la couchette

Le petit port de plaisance endormi… Une halte, un moment de calme et de réflexion.

Jeter l’ancre, fermer les yeux, allongé dans la couchette…

Remonter le temps, les images, les jours sombres ou lumineux…
Peser son être, fouiller dans l’imperceptible profondeur de soi, sentir, inspirer, sans savoir vraiment ce que l’on recherche.

Pas une vraie recherche, une exploration inconsciente, sans intention. La pensée et les sens marchent, glissent, flottent, dérivent, un petit cabotinage, sans but réel ni provenance. Esquiver les remous, s’attarder sur cette plage inoubliable…

Je me souviens des palmiers et des cocotiers, guirlandes à l’horizon. Une vie sans ombre ni coulisse, ni mirage, nos regards sans artifices, à visages découverts.

La vie belle et légère, nos sentiments limpides…
Nos cœurs ouverts et étendus, vifs et insouciants, traverser des savanes pour le plaisir de gambader, de batifoler, la terre réconfortante et saine sous les pieds…

Folâtrer comme des adolescents, jusqu’à la dune là-bas. Etait-ce la savane, la mer ou le désert, peut être juste une ivresse, un égarement…

Les bons moments s’arrêtent bien un jour. De la source à la mer que d’histoires fabuleuses. L’exploration pourrait aller plus loin, mais le barrage y met fin… Insurmontable et extraordinaire passé, tu lâches des indices, mais la clef perdu quelque part, sur le port, dans quelque île lointaine, la savane ou bien dans une de tes poches oubliées.

Je ne sais ou ni comment, ni pourquoi…

Un compliment peut être, regarde-moi…

Une bien drôle de pause qui m’emmène si loin tout en étant ici et étrangement ailleurs. Je rumine images et pensées.

J’aimerai bien comprendre. Même si il n’y a rien à comprendre, je veux le comprendre ce rien si difficile à entendre. Ce rien qui cache tant de tout.

Pour chaque rien récolté je planterai un piquet et quand j’en aurais fait le tour, il sera temps de se lever, de quitter ma couchette. Retourner à terre ou reprendre la mer ?

Tant d’idées et de réflexions, et finalement jouer la fille de l’air.

Apaisé et reposé, je me sens mieux.

Le secret d’une vie errante : Se laisser naviguer.

On emporte un peu son passé sur le bateau de son histoire.

Rabah Bellili
Le mardi 23 octobre 2018


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Publié par Samir

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