Karim Tahar, le Tino Rossi kabyle

Karim Tahar – avec Mohamed Abdelwahab - en Égypte

Karim Tahar – avec Mohamed Abdelwahab – en Égypte

Photos: https://www.facebook.com/karim.tahar1
Par Abdennour Abdesselam :

Sa carrière de chanteur a certes été « phagocytée » pour ainsi dire par celle du boxeur professionnel qu’il a été. Dans ce domaine précis, Karim Tahar fut un responsable émérite de la ligue nationale de boxe. Ses talents de boxeur lui vaudront, plus tard, de devenir arbitre international et il dirigera en 1974 une finale internationale entre l’URSS et les Etats Unis d’Amérique. Très jeune, il quittera Béjaïa pour s’installer à Alger et précisément à Bab El Oued. La place des trois horloges sera son quartier préféré.

Il cumulera également une carrière dans le monde maritime où il obtiendra le titre de commissaire de bord de navires dans les années 1970. Il prêta sa voix à la chanson française et arabe populaire.

Lors d’une émission radiophonique sur les ondes de la Chaîne Deux, dans les années 80, Karim Tahar passait d’une langue à une autre, telles les tuiles se versant, une à une, cette eau musicale et vocale, splendide à l’écoute. Mais le détour par son passage dans la chanson kabyle moderne, dont il est le promoteur principal, vaut bien une messe. En effet, Karim Tahar a été le précurseur peu connu d’un tout autre nouveau genre dans la chanson kabyle moderne. Il enrichira l’orchestration, avec l’introduction de nouveaux instruments comme la basse africaine, la clarinette, la guitare espagnole, les claquettes et, surtout, le saxophone, totalement absent encore aujourd’hui dans la rythmique kabyle. Les systèmes des valses et des élancements sont son credo. C’est ce qu’il affectionne le plus. « Ini-d dacu dacu » et « Itij mi d-yecreq » resteront de véritables best-sellers de la chanson kabyle moderne, avec des mélodies qui se superposent sur les grands mouvements des vagues.

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Karim Tahar avec Cherif Kheddam

Il se confessera, un jour, que Brahim Tayeb lui rendait un vibrant hommage à Alger en déclarant que : «Chanter ce n’est pas passer des nuits dans les cabarets et dans les grandes boîtes de nuit, mais ce qui compte le plus, c’est la musique quand elle est bien faite et les textes bien écrits. Le chanteur doit, avant tout, faire preuve d’un grand respect pour lui-même, d’abord, et pour son public, ensuite.». Ainsi, pour Karim Tahar, la chanson doit avoir du sens. La comparaison que nous faisons avec Tino Rossi vaut la valeur du timbre vocal mais aussi au hasard de l’appartenance à deux régions mouillées de la même eau sur les deux rives du bassin méditerranéen (la Kabylie et la Corse) qui connaissent un destin commun chargé de luttes et de revendication identitaire. Incontestablement, nous devons à Karim Tahar un hommage appuyé, autrement plus apparent et surtout conséquent.

Abdennour Abdesselam (kocilnour@yahoo.fr)
http://www.depechedekabylie.com 18 07 2011

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EN CONCERT JEUDI À EL MOUGAR
Brahim Tayeb chante pour Karim Tahar

Par Tahar FATTANI – Mercredi 03 Mai 2006

Ce gala est également un hommage au grand chanteur égyptien Mohamed Abdelouaheb.
Après une éclipse de quelques mois, le chanteur de charme Brahim Tayeb est de retour une nouvelle fois sur la scène artistique. En effet, ayant totalement repris ses forces, suite à l´accident de voiture dont il a été victime, il y a quelque temps, l´artiste kabyle retrouvera jeudi prochain son public, à l´occasion d´un concert, qui sera organisé en double hommage à deux chanteurs algérien et égyptien, à savoir le chanteur kabyle cheikh Karim Tahar et la grande vedette égyptienne Mohamed Abdelouahab. A cette occasion, Brahim Tayeb a co-organisé avec le maître, Karim Tahar, une conférence de presse, hier, à la salle El Mougar, à travers laquelle les deux artistes ont longuement parlé du gala de ce jeudi.

Ayant pris la parole le premier, Brahim Tayeb a préféré parler de son invité: «Je pense que c´est une lacune le fait de ne pas avoir découvert ce monument très tôt. Cela est dû essentiellement, à mon sens, au manque d´information. On n´a pas trop parlé de lui, on ne lui a pas réservé trop d´espace dans le champ médiatique. Mais il faut reconnaître, qu´ à son époque, il a réussi à innover et à faire de très bonnes choses dans le domaine de la musique» déclare-t-il. Et d´ajouter que «c´est avec un grand plaisir et un coeur ouvert que j´ai pensé à rendre un hommage à ce grand chanteur, car ce sont eux qui nous ont ouvert la voie, et ce sont eux qui nous ont montré le chemin de la musique. Ainsi, c´est la moindre des choses de rendre hommage à ces grands artistes.» De son côté, cheikh Karim n´a pas caché sa satisfaction et son contentement pour cette initiative de la part de Brahim Tayeb et, surtout de son manager, M. Yazid Smaïl.

«Sincèrement je suis ému. Je suis profondément touché du fait que ces jeunes ont eu une pensée pour les anciens chanteurs, et particulièrement envers moi. Franchement, cela me fait vraiment chaud au coeur» a déclaré le maître, tout en assurant qu´il a été émerveillé par le travail fait par Brahim. «En toute franchise, je ne connaissais pas Brahim, mais après avoir écouté sa musique, j´étais émerveillé par sa voix, son interprétation, et l´arrangement. A partir de là, je me suis dit: Dieu merci, nous avons enfin des jeunes qui peuvent prendre le flambeau et assurer, par ricochet, une relève», témoigne-t-il. A ce propos, cheikh Tahar, également ancien boxeur professionnel, estime que la situation de l´art, aujourd´hui, est très inquiétante. «Chanter ce n´est pas passer des nuits dans les cabarets et dans les grandes boîtes de nuit, mais ce qui compte le plus, c´est la musique quand elle est bien faite et les textes bien écrits. Le chanteur doit, avant tout, faire preuve d´un grand respect pour lui-même d´abord et pour son public ensuite.» Interrogé sur un éventuel duo entre les deux chanteurs qui sont de générations différentes, Brahim répond que «même si rien n´est prévu, on ne peut quand même rien exclure. Tout est possible quand il s´agit de présenter un bon travail à un public mélomane». La même réponse a été avancée par cheikh Tahar Karim. «Je suis toujours capable de donner à cet art un plus, comme je l´ai toujours fait auparavant», avoue-t-il.

Concernant le gala du jeudi, le chanteur promet à son public de grands moments de belle musique, d´une meilleure interprétation possible, une poésie raffinée et surtout de bons moments d´émotion. Pour le rendez-vous du jeudi, le chanteur a choisi un cocktail de 7 chansons de son riche répertoire, dont la chanson phare Intasse. Aussi, l´artiste kabyle interprétera une chanson extraite du répertoire de Karim Tahar, comme un hommage, et une autre qui sera extraite aussi du répertoire du chanteur Mohamed Abdelouahab.

http://www.lexpressiondz.com

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Publié par Samir

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