Sidi Aïch / La mendicité fait recette

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Ville à caractère commercial indéniable, carrefour routier de grande importance, pôle scolaire chargé d’une multitude d’enceintes, la ville de Sidi Aïch est fréquentée quotidiennement par une dense population.
Comme des abeilles allant butiner aux cœurs des fleurs, un rhum succulent, de nombreuses personnes vont à Sidi Aïch pour se chercher un meilleur destin en focalisant leurs énergies sur une « occupation » qui, dit-on, “de plus en plus lucrative ; la mendicité est sur le chemin de la professionnalisation.” Chaque cent ou deux cent mètres, les mendiants se mettent dos au mur, les paumes des mains ouvertes, le geste est naturellement accompagné de voix qui appellent à la compassion. De bon matin, des hommes, des femmes et des enfants en bas âge choisissent les meilleurs angles et se consacrent à ce gagne-pain garanti. De nombreux commerçants affirment qu’à l’heure du départ, en fin de journée, la monnaie collectée constitue un joli pactole ; au moins deux mille dinars par personne, qu’ils échangent contre des billets. Excepté les handicapés, les femmes sans ressources et sans domiciles fixes, quelques figures jugées douteuses font parties du cortège des demandeurs d’aumône. Les alcooliques et autres demandeurs d’aide pour l’achat de médicaments écument les rues et font aussi de belles recettes qui leurs servent à assouvir tel ou tel caprice.
Ce phénomène tant réprouvé par la morale et méprisée par la tradition ne constitue pas pour autant une tare locale. Aux quatre coins du pays, le nombre de mendiants grossi à une vitesse exponentielle et est proportionnel à la montée du chômage, de la cherté de la vie et une paupérisation générale, incendiaire et ravageuse jusqu’à l’amour-propre.
T. D.

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28 11 2010

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